Fondée par Abdelhakim Didane, la compagnie Draoui fait du théâtre une arme pour « rendre visible l’invisible ». Avec SYBA, un seul en scène créé en 2022, elle pousse les portes des tabous pour explorer la complexité des identités hybrides. Le titre lui-même est un manifeste : « Syba » signifie « anarchie » en arabe, tout en étant l’acronyme de Sidi Youssef Ben Ali, le quartier populaire de Marrakech où est né l’auteur.
Une quête d’équilibre entre deux rives
Sur scène, Abdelhakim Didane se met à nu. Né au Maroc, arrivé en France en 2000, il incarne avec une justesse brute cette « cohabitation biculturelle » qui façonne tant d’existences. Entre humour et gravité, il raconte ce funambule fragile tentant l’équilibre entre deux eaux agitées : marocain, arabe, sahraoui, berbère, noir, mais aussi français, occitan et occidental. Loin des discours clivants, ce récit intime interroge nos appartenances multiples avec courage. Il y est question de doutes, de peurs, mais aussi de la richesse de cette mosaïque d’incertitudes qui fait de nous des êtres uniques. Le spectacle s’ouvre notamment sur des souvenirs d’enfance poignants, comme la figure du père, expert dans l’art de choisir la pastèque parfaite, une métaphore tendre de la quête de vérité et de douceur au cœur d’un monde complexe.
Une création collective
Cette œuvre est le fruit d’une collaboration artistique forte, conçue et mise en scène par Adèle Marini, avec une scénographie et un son signés Léo Rousselet. Ensemble, ils tissent une atmosphère où la géographie et le politique s’invitent dans un récit tragi-comique et résolument humain.
En première partie, retrouvez la troupe du centre social Izards-Borderouge, Graine de Sable.
Entrée libre