Pour sa 22ᵉ édition, du 12 au 25 octobre, le festival Origines Contrôlées 2025 a continué d’ouvrir des espaces de réflexion et de fête où se mêlent paroles citoyennes, engagements politiques et créations artistiques. Une édition qui a pris le temps de regarder le présent, de raconter les parcours, et d’imaginer ensemble les futurs possibles.
DIMANCHE 12 OCTOBRE
CÔTÉ JARDIN(S) AUX JARDINS DU MUSÉUM
Le festival a débuté sous le signe de la tradition orale et des rythmes populaires du Maghreb. Dans l’écrin verdoyant des Jardins du Muséum, le Théâtre du Kalam a transporté petits et grands à travers les contes de Kabylie. Entre kabyle et français, le conteur, accompagné d’un guitariste a faire vivre une tradition millénaire où « parler, c’est se défendre ».
Les parades de la Dakka Marrakchia Toulouse Brahim ont ensuite rempli les allées d’une énergie vibrante : percussions, chants festifs et ferveur marocaine ont embarqué le public dans une ambiance chaleureuse et familiale.
LUNDI 13 OCTOBRE
CONCERT EL BESTA AU METRONUM
Amine Belayachi, en première partie, a ouvert la soirée avec des mélodies arabo-andalouses lumineuses, alliant nuances méditerranéennes et compositions personnelles.Amine Belayachi, en première partie, a ouvert la soirée avec des mélodies arabo-andalouses lumineuses, alliant nuances méditerranéennes et compositions personnelles. Puis, devant une salle comble et survoltée, El Besta a réinventé en live l’héritage du raï acoustique. Entre modernité et traditions, le groupe a offert un concert authentique, proche des ambiances gaadates de l’Ouest algérien, où chaque morceau portait une histoire.
MERCREDI 22 OCTOBRE
PROJECTION DANS LA PEAU À L’UTOPIA BORDEROUGE
La soirée a débuté dès 19h avec un DJ set de Black Sunrise, plongeant le public dans une atmosphère hypnotique.
À 20h, le film Dans la peau, signé Pascal Tessaud, a bouleversé la salle : un récit vibrant autour du krump, de la résilience et de la jeunesse des quartiers Nord de Marseille.
La rencontre avec le réalisateur a donné lieu à des échanges riches, avant que Black Sunrise ne clôture la soirée sur un second set, prolongeant l’énergie du film sur la piste.
JEUDI 23 OCTOBRE
DÉBAT « ÊTRE FRANCO-ALGÉRIEN.NE, EST-CE POSSIBLE ? »
Cette table ronde à la Bourse du Travail a rassemblé Mourad Gherbi, Naïma Huber-Yahi et Mabrouck Rachedi autour d’une question identitaire essentielle : « être franco-algérien.ne est-ce possible ? ». Entre histoire, politique et vécus personnels, la rencontre a mis en lumière la richesse des parcours franco-algériens mais aussi les tensions héritées de la relation France–Algérie.
Les échanges ne se sont pas limités aux intervenant·e·s : plusieurs personnes du public ont partagé leurs propres témoignages, racontant des histoires familiales, des allers-retours entre les deux pays, des incompréhensions, mais aussi des ponts culturels et affectifs. Ces prises de parole ont profondément enrichi la discussion, révélant la diversité des trajectoires et la force des expériences vécues
SPECTACLES MEKTOUB & AVANT TOI LE PETIT PRINCE
La salle du Centre culturel Renan était comble pour découvrir Avant moi, le petit prince, présenté par la troupe Graine de Sable du Centre social des Izards. Avec une grande sensibilité et un imaginaire débordant, les comédien·ne·s ont su embarquer le public dans un univers onirique, poétique et touchant. Leur jeu, à la fois simple et profond, a créé une atmosphère chaleureuse où se mêlaient émotion, rires et douceur : un très beau moment de théâtre partagé.
VENDREDI 24 OCTOBRE
DÉBAT « POURQUOI LES QUARTIERS POPULAIRES SONT-ILS AUSSI IMPOPULAIRES ? »
Mohamed Mechmache, Ulysse Rabaté et Najia Ghaba ont analysé deux décennies de mobilisations, de réponses institutionnelles et de représentations médiatiques, dans le sillage des révoltes populaires qui ont éclaté suite à la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois.
Un temps fort du festival, où sociologie, militantisme et terrains se sont rencontrés, révélant toute la complexité et la force des quartiers populaires.
La discussion a été nourrie par plusieurs témoignages du public : récits de vécus, constats partagés, expériences collectives et appels à l’action.
Ces prises de parole ont renforcé l’intensité du moment et montré, une fois encore, la nécessité de se retrouver pour s’organiser, comprendre ensemble, et continuer à construire des espaces d’émancipation.
CONCERT ANKAH, TRIPTIK & ROCÉ
Ankah a lancé la soirée avec un set percutant où beatbox et rap se répondaient dans une énergie brute. Sa présence scénique a immédiatement embarqué la salle, entre précision vocale et textes affûtés.
Triptik a ensuite retrouvé le public toulousain avec son groove si reconnaissable : une vraie bouffée de nostalgie pour certain·e·s, et une redécouverte puissante pour d’autres.
Puis Rocé a pris possession de la scène avec un set dense et engagé, mêlant flow maîtrisé, poésie politique et intensité scénique.
Une soirée sous haute tension artistique, où rap, revendications et communion collective ont fait vibrer Renan du sol au plafond, un moment où la musique est devenu aussi discours et prise de position.
SAMEDI 24 OCTOBRE
CLÔTURE DU FESTIVAL
La dernière journée du festival s’est ouverte par un pot de clôture en présence des partenaires, autour d’un buffet convivial qui a permis aux équipes, bénévoles et soutiens du festival de se retrouver, d’échanger et de célébrer ensemble la réussite de cette 22ᵉ édition.
Dans la continuité de ce moment de partage, une rencontre ouverte au public a été consacrée aux présences culturelles berbères à Toulouse, en compagnie d’Idris Sadelli (Afrika 31), Hafid Saïdi (sociologue et poète), Nadia Terki et Nora Houari (Association KFM). Tous et toutes sont des acteurs essentiels de la diffusion et de la vitalité de la culture berbère dans la ville rose.
Au fil des échanges, entre analyse, poésie, mémoire et transmission, ils ont mis en lumière la richesse des héritages amazighs et leurs résonances contemporaines.
Cette rencontre a permis au public de prendre la mesure de la diversité des pratiques culturelles berbères à Toulouse et de découvrir l’émergence de nouveaux projets, portés par une communauté dynamique, créative et pleinement ancrée dans le territoire.
Un moment chaleureux et inspirant, qui a ouvert des perspectives, renforcé les liens et rappelé combien ces présences culturelles nourrissent le paysage toulousain.
CONCERT AMAZIGH : TIWIZA, ANZUL PROJECT & THIFIRELLASSES
La chorale Thifirellasses (« les hirondelles » en kabyle ) a ouvert la soirée en beauté. Leurs voix harmonisées et leurs chants traditionnels ont immédiatement transporté le public, créant une atmosphère à la fois intime, chaleureuse et profondément ancrée dans la culture kabyle.
Puis Anzul Project a pris le relais, faisant basculer la salle dans une transe irrésistible. Leur mélange de groove, d’héritage nord-africain et de sonorités modernes a électrisé le public, qui s’est laissé emporter sans retenue.
Enfin, Tiwiza est monté sur scène pour clôturer la soirée dans une énergie totale. Leur rock-chaâbi incandescent, puissant et fédérateur, a mis tout le monde debout : une ambiance de folie, vibrante, collective, où les corps, les voix et les émotions se répondaient.
Une fin de festival explosive, où toutes les générations se sont retrouvées portées par un même souffle : mémoire, fête et liberté.



































